médico-chirurgicale.
I- FORMES CLINIQUES :
A- L’état séptico-pyohémique :
• L’incubation (temps entre la primo-infection et l’apparition des premiers signes cliniques) est généralement
silencieuse.
• Le début est brutal, caractérisé par un ‘syndrome infectieux’ qui associe fièvre à 39-40°c, pouls accéléré, tachypnée
et oligurie. L’examen clinique montre une splénomégalie récente (molle) au stade 1. Le reste de l’examen est négatif
mais il peut retrouver une porte d’entrée le plus souvent cutanée (furoncle, plaie…).
• Pendant la phase d’état, on observe des localisations secondaires :
∗ Localisation cutanée : Toutes lésions confondues.
∗ Localisation pleuro-pulmonaire : On peut avoir une pleurésie purulente ou une détresse respiratoire (matérialisée
au télé thorax par une image de miliaire qui peut confluer en abcès du poumon).
∗ Localisation cardiaque : Mise en évidence par la clinique. On peut retrouver une endocardite pouvant se greffer sur
endocarde antérieurement sain ou lésé, une insuffisance aortique, un rétrécissement aortique, une insuffisance
mitrale ou un rétrécissement mitral.
∗ Localisation osseuse : Egalement diagnostiquée par la clinique. On retrouve une atteinte des os longs ou des
vertèbres.
∗ Localisation rénale : On peut retrouver un abcès du rein ou un phlegmon périnéphrétique.
∗ Localisation prostatique : Le TR peut révéler un abcès de la prostate.
∗ Localisation neurologique : Va de l’abcès méningo-encéphalique jusqu’au coma.
∗ Localisation musculaire et endocrinienne très rarement.
B- La forme septicémique pure : Elle est sans localisations secondaires.
C- La forme suraiguë ‘La staphylococcie maligne de la face’ : Cette forme constitue une extrême urgence.
• Elle est secondaire à un furoncle ou à un anthrax de la lèvre supérieure, de l’aile du nez ou du pli naso-génien qui
font l’objet de manoeuvres intempestives. Ils vont réaliser une cellulite diffuse avec phlébite extensive.
• Brusquement, survient une poussée inflammatoire douloureuse avec ascension thermique à 40°c, frisson et malaise
intense.
• La tuméfaction s’étend et gagne l’oeil, c’est le ‘placard staphylococcique’ qui est rouge violacé, froid, peu douloureux,
sans bourrelet périphérique et parsemé de vésiculo-pustules contenant des Staphylocoques.
• Sur le front, le cuir chevelu et l’angle de l’oeil, les cordons inflammatoires des veines thrombosées sont visibles et
palpables. Le globe oculaire est saillant et immobilisé par l’oedème de l’orbite témoignant de la cellulite inflammatoire
rétro-orbitaire ou d’une thrombophlébite du sinus caverneux traduite par une ophtalmoplégie avec manifestations
méningo-encéphalitiques.
• L’hémoculture est positive. Ce tableau met en évidence la valeur pathogène de la présence d’un Staphylocoque
suivant le prélèvement :
| PATHOGENICITE | ||
| Certaine | Probable | Discutable |
| -Plusieurs hémocultures | -Hémoculture isolée | -Expectoration |
| -LCR | -Infection cutanée ouverte | -Coproculture |
| -Séreuses (Plèvre, synoviale…) | -Urines | -Muqueuses (ORL, conjonctive, |
| -Biopsie osseuse | -Urètre | vagin…) |
| -Collection sous-cutanée fermée | -Coproculture (Staphylocoque =30% des | |
| -Lavage et aspiration endotréchéobronchique | flores) | |
• La guérison ne peut être obtenue que par une antibiothérapie précoce, adaptée et ayant une bonne diffusion dans le
tissu méningo-encéphalique.
II- PORTES D’ENTREE :
Essentiellement cutanée mais on peut rencontrer la porte uro-génitale, dentaire ou ORL.
III- DIAGNOSTIC POSITIF :
Il est suspecté sur la clinique. Le diagnostic formel est obtenu après hémocultures (Faites sur milieu spécialisé, dans des
conditions d’asepsie rigoureuses et au moment des frissons ou de l’acmé thermique).
IV- TRAITEMENT :
A- Conduite à tenir :
• Avant d’obtenir les résultats de l’hémoculture ou en cas de situation catastrophique, on utilise une association
synergique de β Lactamines et d’Aminoside.
• Après l’hémoculture, on se conforme aux résultats de l’antibiogramme.
• Dans des situations particulières (Abcès…), on a recours à la chirurgie.
B- Choix des antibiotiques :
1- Selon la sensibilité des Staphylocoques à la Méticilline :
• Pour les Staphylocoques méti-sensibles : On donne la Pénicilline M ou Céphalosporine ou Synergistine + Aminoside.
• Pour les Staphylocoques méti-résistants : On donne :
∗ La Rifampicine + Aminoside ou Fosfomycine ou Lincosanide ou Synergistine.
∗ La Fosfomycine + Pénicilline M ou Céfotaxime ou Céfamandole ou Aminoside.
∗ La Vancomycine + Aminoside ou Fosfomycine ou Rifampicine ou Pefloxacine.
∗ La Pefloxacine + Rifampicine.
2- Selon le siège de l’infection : On donne :
• Localisation neuro-méningée : Fosfomycine + Céfotaxime ou Triméthoprime.
• Localisation osseuse : Aminoside + Céfalotine ou Rifampicine.
3- Selon la gravité : Pour l’endocardite, on associe la Vancomycine avec un Aminoside ou avec la Fosfomycine.
La durée du traitement est fonction de la gravité et du siège de l’infection. En dehors de la clinique, il n’y a pas de critères
infaillibles pour affirmer la guérison.
V- PRINCIPAUX ANTIBIOTIQUES ANTISTAPHYLOCOCCIQUES :
| PRODUITS | VOIES | POSOLOGIE (Fonction rénale normale) | |
| Enfant (mg/kg/jour) | Adulte (g/jour) | ||
| β Lactamines | |||
| ∗ Méthicilline | IM, IV | 100-150 | 2-8 |
| ∗ Oxacilline | IM, IV, per os | 100-150 | 2-8 |
| ∗ Cloxacilline | IM; IV, per os | 100-150 | 2-8 |
| ∗ Céfalotine | IM, IV | 100 | 4-8 |
| ∗ Céfazoline ∗ Céfamandole | IM, IV IM, IV | 100 100 | 4-8 4-6 |
| Aminosides | |||
| ∗ Gentamicine | IM, IV, SC | 3 | 3mg/kg/jour |
| ∗ Tobramycine | IM, IV, SC | 3 | 3mg/kg/jour |
| ∗ Amikacine | IM, IV, SC | 10-15 | 10-15mg/kg/jour |
| Synergistines ∗ Pristinamycine ∗ Virginiamycine | Per os Per os | 100 100 | 2-3 2-3 |
| Lincosanides ∗ Lincomycine ∗ Clindamycine | IM, IV, per os IV, per os | 30-60 15-40 | 1.5-2 0.6-1.2 |
| Divers | |||
| ∗ Acide fusidique | Per os | ||
| ∗ Rifampicine | IV, per os | 16-20 | 2-4 |
| ∗ Fosfomycine | IV | 200 | 0.9-1.2 |
| ∗ Vancomycine | IV | 25-30 | 8-12 |
| ∗ Pefloxacine | IV, per os | Contre-indiqué | 1.5-2 |
| ∗ Cotrimoxazole | IM, IV, per os | 6 TMP/30 SMZ | 0.32 TMP/1.6 SMZ |


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